dimanche 30 novembre 2014

Qu'est-ce que le flamand ? (ébauche)

D'une façon générale, le terme flamand désigne plusieurs dialectes parlés en Belgique : flamand occidental, flamand oriental, brabançon, limbourgeois, et dans le département du Nord :  flamand du Westhoek. On l'utilise aussi couramment pour désigner le néerlandais parlé en Belgique.

Le flamand occidental est à la fois proche et distinct du néerlandais standard (Algemeen Nederlands). Il est même parfois considéré comme une langue à part entière. Les différences sont suffisamment marquées pour que le service de l'emploi de la ville de Courtrai propose des cours de flamand occidental aux étrangers qui ont appris le néerlandais standard.

Dans la Région Flamande, la langue officielle est le néerlandais standard, mais dans la pratique on utilise couramment  y compris dans les médias la Tussentaal (mot à mot langue entre deux, terme relativement récent). Certaines émissions sont même sous-titrées néerlandais/tussentaal ou inversement !

Le flamand occidental est issu du bas-francique, du bas-saxon et du vieux frison. Lors de grandes invasions, les Francs Saliens se sont installés à l'intérieur des terres (leur capitale était Tournai), les Frisons et Saxons davantage sur la côte. La toponymie de la région Nord-Pas-de-Calais en a conservé de nombreuses traces.

Autrefois, ces dialectes étaient désignés sous le terme général de thiois ou dietsch/duutsch, par opposition aux langues romanes.

Au Moyen-Age, le flamand occidental jouissait d'un grand prestige culturel et littéraire lié au rôle économique des villes de Bruges, Ypres, Gand. C'est le brabançon qui prit ensuite le rôle dominant. La scission des Provinces Unies et des Pays-Bas du Sud fut un tournant décisif. Elle entraîna la naissance d'un néerlandais commun fortement influencé par le dialecte Hollandais enrichi par les apports des migrants des Pays-Bas du Sud. Ce néerlandais commun évoluera pour donner le néerlandais standard.

Le flamand du Westhoek (mot à mot coin de l'ouest) est très proche du flamand occidental.
Le g a disparu ou ne se prononce pas uylenspie(g)el  ; comme en anglais, il a disparu dans le participe passé (wvo : eten, angl. : eaten, nl. :  gegeten, all. : gegessen).
Le y se prononce comme le i en français.
Il a conservé l'ancienne graphie (ae pour aa, hem pour em ...).
Il a conservé la différenciation masculin/féminin, et des traces de déclinaisons.
Il n'a pas suivi la diphtongaison de certaines voyelles contrairement au néerlandais : (y/ij, uu/ui).



mercredi 14 mai 2014

Toponymie flamande du Nord et du Pas-de-Calais

Les noms de ville et de village d'origine germanique (vieux frison, vieux saxon, vieux bas-francique dont est issu le flamand occidental) sont nombreux dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais.
L'étymologie de ces noms n'est pas toujours très claire et souvent sujette à discussion.

Suffixes les plus fréquents
- beke, becque : cours d'eau, rivière.
- bourg : habitation fortifiée.
- brouck : marais.
- hem/ham : enclos entouré d'une palissade, domaine, habitation, et ultérieurement village. Hem serait plutôt francique, et ham saxon.
- hove, hof : à l'origine enclos à ciel ouvert, puis ferme.
- ing : indique l'appartenance à une famille,.
- inghem, inghen : précédé d'un patronyme domaine des gens.
- laer, leer : terre en friche.
- lo, loo : lieu habité ou bois selon le contexte.
- thun, ton : enclos, ferme. Généralement attribué à une implantation saxonne. Fréquent dans le Boulonnais, plus rare ailleurs.
- zeele, selle : habitation, résidence du seigneur.

Quelques exemples
Audresselles : maison d'Auderahus (nom de personne germanique)
Béthune : possible origine saxonne (voir suffixe -thun)
Berck : mont (berg) ou bouleau
Bergues : mont
Bourbourg : vient de broek bourg, village fortifié dans les marais
Bousbecque : ruisseau du bois
Coudekerque : église où il fait froid
Dunkerque : église de la dune
Goderwaersvelde : champ de Godewaer (Godefroit)
Estaires : de Stegers, embarcadère en bois
Esquermes : viendrait de scherm, écran ou paroi protectrice
Frelinghien : domaine des hommes de Frelo (nom de personne germanique)
Hardelot : bois dur
Hazebroucq : marais du lièvre
Hellemmes : peut-être dérivé de "helhem", maison sainte
Hem : maison, demeure
La Gorgue : vient de goor, marécageux
Lillers : clairière de Leodo (nom de personne germanique)
Linselle : nom germanique non identifié et suffixe selle
Nieppe : l'orme (anciennement Niepkerke : l'église de l'orme)
Roubaix : rivière avec des roseaux
Sangatte : passage de sable
Steenvoorde : gué de pierre
Tourcoing : vient de Trucoinus, nom de personne germanique
Verlinghem : domaine des gens d'Ever (nom de personne germanique)
Warneton : ferme de Warin (nom de personne germanique)
Wattrelos : endroit où il y a de l'eau (à rapprocher de Waterloo)
Wazemmes : vient de washem, maison du marais
Wissant : sable blanc (wit sand)
Zuydcoote : anciennement Soutcot, cabane à sel ; alors que l'orthographe moderne suggère cabane du sud

On pourrait citer de nombreux autres exemples (Ardres, Equihen, Englos, Haubourdin, Wasquehal ...).

Noms de villes traduites en néerlandais (et en flamand) - utile lorsque l'on traverse la Flandre Belge pour regagner la France !
Robaais (Robeke) : Roubaix
Rijsel (Ryssel) : Lille
Torkonje : Tourcoing
Valensijn : Valenciennes

Rivières
De Leie : la Lys
De Schelde : l'Escaut

samedi 10 mai 2014

Volksliederen uit Frans Vlaanderen - Marieke en Bart

Deux magnifiques 33 tours de chants traditionnels de la Flandre française recueillis au milieu du XIXe siècle par Edmond de Coussemaker (Bailleul 1805 - Lille 1876), musicologue, fondateur du Comité Flamand de France et apparenté à la famille de Marguerite Yourcenar (Cleenwerck).
  
 
Disques Déesse - Paris

Face 1
Jan mynen man (Jean mon homme)
De minnebode (le messager d'amour)
De meysjes van Duynkerke (les jeunes filles de Dunkerque)
Tjanne (la Jeanne)
Het afzin (l'absence)
Het moeijelyk kwezeltje (la dévote difficile)
Kaperslied (chant des corsaires)

Face 2
Airs de carillons de Flandre : Esquelbecq, Bergues, Dunkerque
Rosa (Rose)
'T groen Meuletje (le moulin vert)
Halewyn en het kleyne kind (Halewyn et le petit enfant)
Mavrouve (l'hôtesse)
Het purperen lint (le ruban pourpre)
Reuzelied (chant du Reuze)


Disques Déesse - Paris

Face 1
Anne Marie
Warme Garnars (crevettes chaudes)
Horlepiep
Vertrek naer Island (départ pour l'Islande)
Minnezucht (soupir d'amour)
Les 12 mois de l'année

Face 2
Jan de Mulder (Jean le meunier)
Spinnewiel (le rouet)
Cecilia
Blanchefleur
De kraei en de put (le corbeau et la grenouille)
'T Godsdeel of den Rommelpot (la part de Dieu ou le rommelpot)
Zoete Mariton (douce Mariton)

Youtube

dimanche 27 avril 2014

Noms de famille

Quelques noms de famille flamands avec leur signification ou leur équivalence en français. Je me suis volontairement limité à une ou deux variantes orthographiques.

De : le, article défini.
Ver : contraction de Vander.
s final : fils de.

Bogaertverger
Debacker(le) Boulanger
Deconinck Leroy
Degroote Legrand
Dehaene Lecoq
Dehaese Lelièvre
DehondtLechien
Dekeyser Lempereur
DekindtLenfant
DemeestereLemaître
DepoorterLebourgeois
Deschildre, DeschilderLepeintre
DesmedtLefèbvre (forgeron)
DeswaerteLenoir
Devos(le) Renard
Hendrick Henri
Van Aerdeoriginaire de Aerden ?
Vandaele Duval, Delvallée
VandenbergheDumont
Vandenbosche Dubois
Vanecke Duchêne
Verhaeghe Delahaye
VerbruggeDupont
Verlinde, Verlinden Dutilleul
Vermeulen Dumoulin

dimanche 20 avril 2014

La place du flamand occidental dans le monde linguistique

L'Ethnologue - languages of the world évalue régulièrement l'état des langues parlées dans le monde.

Le flamand occidental fait partie des 7105 langues recensées. Il est parlé par environ 1 000 000 de personnes en Belgique (Flandre Occidentale), 10 000 en France (Westhoek) et 122 000 aux Pays-Bas (Zélande). Il est classé dans la catégorie des langues "menacées" (6b en Belgique et aux Pays-Bas, 7 dans le Westhoek).