D'une façon générale, le terme flamand désigne plusieurs dialectes parlés en Belgique : flamand occidental, flamand oriental, brabançon, limbourgeois, et dans le département du Nord : flamand du Westhoek. On l'utilise aussi couramment pour désigner le néerlandais parlé en Belgique.
Le flamand occidental est à la fois proche et distinct du néerlandais standard (Algemeen Nederlands). Il est même parfois considéré comme une langue à part entière. Les différences sont suffisamment marquées pour que le service de l'emploi de la ville de Courtrai propose des cours de flamand occidental aux étrangers qui ont appris le néerlandais standard.
Dans la Région Flamande, la langue officielle est le néerlandais standard, mais dans la pratique on utilise couramment y compris dans les médias la Tussentaal (mot à mot langue entre deux, terme relativement récent). Certaines émissions sont même sous-titrées néerlandais/tussentaal ou inversement !
Le flamand occidental est issu du bas-francique, du bas-saxon et du vieux frison. Lors de grandes invasions, les Francs Saliens se sont installés à l'intérieur des terres (leur capitale était Tournai), les Frisons et Saxons davantage sur la côte. La toponymie de la région Nord-Pas-de-Calais en a conservé de nombreuses traces.
Autrefois, ces dialectes étaient désignés sous le terme général de thiois ou dietsch/duutsch, par opposition aux langues romanes.
Au Moyen-Age, le flamand occidental jouissait d'un grand prestige culturel et littéraire lié au rôle économique des villes de Bruges, Ypres, Gand. C'est le brabançon qui prit ensuite le rôle dominant. La scission des Provinces Unies et des Pays-Bas du Sud fut un tournant décisif. Elle entraîna la naissance d'un néerlandais commun fortement influencé par le dialecte Hollandais enrichi par les apports des migrants des Pays-Bas du Sud. Ce néerlandais commun évoluera pour donner le néerlandais standard.
Le flamand du Westhoek (mot à mot coin de l'ouest) est très proche du flamand occidental.
Le g a disparu ou ne se prononce pas uylenspie(g)el ; comme en anglais, il a disparu dans le participe passé (wvo : eten, angl. : eaten, nl. : gegeten, all. : gegessen).
Le y se prononce comme le i en français.
Il a conservé l'ancienne graphie (ae pour aa, hem pour em ...).
Il a conservé la différenciation masculin/féminin, et des traces de déclinaisons.
Il n'a pas suivi la diphtongaison de certaines voyelles contrairement au néerlandais : (y/ij, uu/ui).